TROISIEME SANS ASCENSEUR

mercredi 17 avril 2019

"L'héritage allemand de l'Occupation, Ces 60 dispositions toujours en vigueur" de Cécile Desprairies
avril 17, 20190 Comments

Je ne crois pas qu'il y ait une période historique qui m’intéresse plus que la Seconde Guerre mondiale en Europe.
Autant je ne chroniquai pas ces ouvrages il y a encore quelques années autant je trouve aujourd'hui important qu'ils aient eux aussi leur place ici. Il faut dire que j'alterne généralement un roman mes lectures de façon à lire un roman - un document sur la Seconde Guerre mondiale - un roman - et caetera. Ces livres représentent donc une grande partie de ma bibliothèque.
Et il faut bien avouer que dans toute cette littérature sur le nazisme et l'Occupation on est parfois un peu perdus. A quel titre se fier ? Ne vais-je pas relire une énième fois la même chose ? Si ces billets ne peuvent éclairer ne serait-ce qu'un lecteur et lui éviter les déconvenues que j'ai eues à connaitre j'en serais ravie.

La tristement célèbre Occupation de Lyon a laissé des traces que tout Lyonnais côtoie au quotidien, ne serait-ce que par la multiplicité des plaques commémoratives. Bien que je cherche constamment à en apprendre plus sur l'Occupation dans la région je ne m'étais jamais particulièrement questionnée sur l'héritage législatif.

Avec L’HÉRITAGE ALLEMAND DE L'OCCUPATION, CES 60 DISPOSITIONS TOUJOURS EN VIGUEUR, Cécile Desprairies, historienne, nous propose un aperçu de cet héritage oublié.

J'ai, dans un premier temps, été assez déstabilisée par la mise en page et la forme que l'ouvrage, deux colonnes par pages dans un livre au format inhabituel. Assez déboussolant pour moi qui m'attendais (et aurai préféré) un grand format classique à la mise en page classique.

Pour chaque disposition, l'auteur nous propose une courte introduction, suivent généralement un aperçu de la situation pendant l'entre deux-guerres, pendant l'Occupation, puis un bilan de ce qu'il en est aujourd'hui en France et en Allemagne.

Comment parler de L’HÉRITAGE ALLEMAND DE L'OCCUPATION, CES 60 DISPOSITIONS TOUJOURS EN VIGUEUR sans trop en dévoiler le contenu ? Je pense que la première chose que j'y ai apprise et que j'ai répété à tout le monde au point de les gonfler est que les plaques à l'entrée des immeubles interdisant le colportage sont nées sous l'Occupation.

« Le Reichkulturkammer (ou RKK, la Chambre de culture du Reich) créée en 1933, à laquelle les auteurs de métier doivent adhérer pour continuer d'exercer, impose l'idée qu'il n'y a plus de grands criminels. Les seuls délits autorisés par la censure sont les vols de voiture et de timbres ! »

J'ai été franchement convaincue par les premières parties, en particulier celle sur la vie quotidienne. Mais je dois bien avouer que l'auteur m'a perdue dès qu'il y a eu trop de chiffres ou trop de notes renvoyant à la fin de l'ouvrage. Quel dommage de ces notes n'aient pas été en bas de page. J'aime beaucoup les notes de bas de page, des histoires dans l'Histoire. Même ressenti pour les illustrations qui parfois sont sans réel rapport avec le sujet.

Bien que globalement satisfaite de ma lecture je n'en conseille pas la lecture d'un traite comme pour un livre documentaire classique. Les multiples point abordés s'articulent sans transition si bien que l'ont peut s'y plonger pour seulement quelques pages. Ce rythme de lecture sera certainement plus efficace que ce que j'ai fait.


○ Remerciements au site internet BABELIO et aux EDITIONS ARMAND COLIN qui m'ont permis de découvrir L’HÉRITAGE ALLEMAND DE L'OCCUPATION, CES 60 DISPOSITIONS TOUJOURS EN VIGUEUR. ○ 

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LE COIN DES INFOS
L’HÉRITAGE ALLEMAND DE L'OCCUPATION, CES 60 DISPOSITIONS TOUJOURS EN VIGUEUR de Cécile Desprairies
○ Editions Armand Colin, 2019, 256 pages
○ Où le trouver ? AMAZON.


SYNOPSIS
Cour d’assises, diplôme d’avocat, délit de tentative de faux et usage de faux, statut du détective privé, énergie hydroélectrique, affichage des prix, jerrican, tri sélectif, remembrement, pommes de terre Bintje, carottes râpées, vache Holstein, nouvelles races de chien… autant de dispositions qui nous viennent de l’Occupation allemande et sont passées par Vichy.
Si à la Libération, avec le rétablissement de la légalité républicaine, la plupart des mesures de l’Occupation allemande furent abolies, certaines ont été maintenues et, avec elles, des habitudes nées de la guerre.
Comment l’expliquer ? N’aurait-on gardé de ce régime autoritaire et répressif que ce qui relevait du quotidien ? L’affaire est complexe et chacun se fera son opinion.
Ce livre exerce en quelque sorte un droit d’inventaire et, pour chacune de ces mesures ou dispositions qui sont restées, revient sur les raisons de leur conception et leur devenir aujourd’hui.
Un défi passionnant, enrichi d’illustrations inédites.

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lundi 15 avril 2019

Le morceau choisi du lundi #8
avril 15, 20190 Comments


« Il existe une troisième équipe à Paris, c'est le Stade Français, mais elle n'a pas grande importance. Le foot, c'est un peu comme la politique. Ce qui compte, ce sont les extrêmes. D'un côté il y a Thorez, de l'autre il y a de Gaulle ; au milieu on ne sait pas trop qui surnage. »


BABY-FOOT
Joseph Joffo
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dimanche 14 avril 2019

"HHhH" de Laurent Binet
avril 14, 20190 Comments


HHhH m'avait été conseillé il y plusieurs mois déjà (années sûrement) par un lecteur en qui je place toute ma confiance, et aussi par tout internet, il faut bien l'avouer.
Je m'étais toujours dit que je l'emprunterai à la bibliothèque mais je n'y suis plus inscrite depuis 2012-2013 je pense, tant j'ai acheté en brocantes de quoi tenir des lustres.
Pour Noël, voyant M en manque cruel d'inspiration, je lui ai soufflé l'idée de HHhH que j'ai retrouvé avec joie sous le sapin. M'étonnant moi même je m'y suis plongée dès ma lecture actuelle terminée (LE NAZI ET LE PSYCHIATRE il me semble).

HHhH n'est pas le récit classique d'un événement clef de la Seconde Guerre mondiale (arrêtons de dire/écrire/penser (!) Deuxième Guerre mondiale s'il vous plaît (comme vous j'ai bien vu que l'Académie française n’imposait pas de distinction mais c'est tellement plus optimiste dans ce contexte)).
HHhH est le carnet de route de l'auteur, le partage de sa passion, de son intérêt pour ce fait historie si célèbre mais dont il juge important de réaliser une nouvelle étude. Ayant vécu plusieurs années à Prague, Laurent Binet est fasciné par cette ville et son histoire.

Attaché à ne pas romancer son récit il convint le lecteur de ses bonnes intentions historiques au fil des cent premières pages. Ce qui m'a d'abord déstabilisée, agacée, ce que j'ai premièrement prix pour une grosse lenteur dans le démarrage a en fait été nécessaire et salutaire. Pourquoi un auteur choisit-il de s'attacher à un événement historique, quelle lecture en fait-il, cherche-t-il la véracité ou se permettra-t-il des petits arrangements pour séduire un plus grand nombre.
Ce que j'aimerai retrouver cette introduction plus souvent afin que soit scellé en quelque sorte un pacte entre l'auteur et le lecteur, une parfaite honnêteté, Le récit comporte des dialogues romancés ? Pourquoi pas, mais il est à mon sens très important que le lecteur le sache, que l'auteur communique son traitement du fait historique.


« Lorsque je parle du livre que je suis en train d'écrire, je dis : "mon bouquin sur Heydrich". Pourtant, Heyrdrich n'est pas censé être le personnage principal de cette histoire. Depuis des années que je porte ce livre en moi, je n'ai jamais pensé à l'intituler autrement qu'Opération Anthropoïde (et si jamais ce n'est pas le titre que vous pouvez lire sur la couverture, vous saurez que j'ai cédé à l'éditeur qui ne l'aimait pas : trop SF, trop Robert Ludlum, paraît-il ...). Or, Heydrich est la cible, et non l'acteur de l'opération. Tout ce que je raconte sur lui revient à poser le décor, en quelque sorte. »

Pour en revenir au contenu, HHhH, est le récit du célèbre attentat Anthropoïde contre Reinhard Heydrich initié par des Slovaques et des Tchèques en exil au Royaume-Uni, dont le courage, la détermination, la débrouillardise et l’héroïsme incroyables ont changé le cours de l'Histoire,

HHhH m'a séduite, au point de faire désormais partie de ma bibliothèque permanente, et tente même M qui ne lit pourtant jamais mais qui s’intéresse tout autant que moi à cette période et plus particulièrement à la mission suicide menée par Josef Gabčík et Jan Kubiš .

J'ai retenu énormément de passages au cours de ma lecture, en témoigne mon BABELIO, Je ne suis pas parvenue à ne sélectionner qu'un ou deux extraits à proposer au fil de cette chronique comme habituellement, Je vous pose là, pas de chichis entre nous, une sélection de morceaux choisis.

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« Au début, ça m'avait semblé une histoire simple à raconter. Deux hommes doivent en tuer un troisième. Ils y parviennent, ou non, et c'est fini, ou presque. Tous les autres, pensais-je, étaient des fantômes qui allaient glisser élégamment sur la tapisserie de l'Histoire. les fantômes, il faut s'en occuper, et cela demande beaucoup de soin, mais cela, je le savais. En revanche, j'ignorais et j'aurais dû m'en douter pourtant, qu'un fantôme n'aspire qu'à une seule chose : revivre. et moi, je ne demande pas mieux, mais je suis tenu pas les impératifs de mon histoire, je ne peux pas laisser toute la place que je voudrais à cette armée d’ombres qui grossit sans cesse et qui, pour se venger peut-être du peu de soin que je lui accorde, me hante. »

« Aujourd'hui Gabcik, Kubis et Valcik sont des héros dans leur pays où leur mémoire est régulièrement célébrée. ils on chacun une rue à leur nom, à proximité du lieu de l'attentat, et il existe en Slovaquie un petit village du nom de Gabcikovo. ils continuent même à monter e grade à titre posthume (je crois qu'ils sont capitaines, actuellement).
Ceux qui les ont aidés directement ou indirectement ne sont pas aussi connus et, exténué par les efforts désordonnés que j'aurai produits pour rendre hommage à tous ces gens, je tremble de culpabilité en songeant aux centaines, aux milliers de ceux que j'ai laissés mourir anonymes, mais je veux penser que les gens existent même si on n'en parle pas. »

« Hitler n'a jamais rigolé avec les mœurs. Depuis 1935, et les lois de Nuremberg, il est formellement interdit à un Juif d'avoir des relations sexuelles avec une Aryenne, et tout aussi interdit à un Aryen d'avoir des relations sexuelles avec une Juive. La faute est passible de prison.
mais, étonnamment, seul l'homme peut être poursuivi. c'était apparemment la volonté d'Hitler que la femme, u'elle soit juive ou aryenne, ne soit pas inquiétée juridiquement.
Heydrich, plus royaliste que le roi, ne l'entend pas ainsi. cette forme de discrimination entre hommes et femmes blesse, semble-t-il, son sens de l’équité (mais uniquement dans le cas où la femme est juive). c'est pourquoi en 1937, il donne des instructions secrètes à la Kripo et à la Gestapo afin que toute condamnation prononcée contre un Allemand pour cause de relation avec une Juive entraîne automatiquement l'arrestation de sa partenaire et sa déportation discrète dans un camp de concentration. »

« Ce discours m’inspire trois remarques :
1. En Tchéquie comme ailleurs l'honneur de l'Education nationale n'est jamais aussi mal défendu que par son ministre. Antinazi virulent à l'origine, Emanuel Moravec est devenu après Munich le collabo le plus actif du gouvernement tchèque nommé par Heydrich, et l'interlocuteur privilégié des Allemands bien davantage qu'Emil Hacha, le vieux président gâteux. les livres d'histoire locale ont prix l’habitude de le désigner sous le terme de "Quisling tchèque", du nom de ce fameux collaborateur norvégien, Vidkun Quisling, dont le patronyme, par antonomase, signifie désormais "collabo' dans la majorité des langues européennes.
2. L'honneur de l'Education nationale est bel et bien défendu par les profs qui, quoi qu'on puisse en penser par ailleurs, ont vocation à être des éléments subversifs, et méritent qu'on leur rende hommage pour cela.
3. Le sport, c'est quand même une belle saloperie fasciste. »

« Cela dit, il y a des signes, quand même. Depuis des années, Heydrich commande de nombreuses études sur la question juive à ses chefs de département. Et il reçoit ce genre de réponse :
" il convient de priver les Juifs de leurs moyens de vivre - et pas seulement dans la sphère économique. L'Allemagne doit être un pays sans avenir pour eux. Seule la vieille génération doit être autorisée à mourir ici en paix, mais pas les jeunes, en sorte que subsiste l’incitation à émigrer. Quand aux moyens, l'antisémitisme bagarreur doit être rejeté. on en combat pas les rats avec un revolver, mas avec du poison et des gaz. "
Métaphore, fantasme, inconscient qui affleure, en tous les cas, on sent que ce chef de service a déjà une idée derrière la tête. le rapport date de mai 1934 : un visionnaire ! »

« Quand Heydrich annonce à René Bousquet la déportation prochaine des Juifs apatrides (c'est-à-dire non Français) internés à Drancy, Bousquet propose spontanément d'y ajouter celle des Juifs apatrides internés en zone libre. on n'est ps plus serviable. »

« L’instruction est bouclée, deux ans plus tard, quand il est abattu à son domicile par un illuminé. je me souviens très bien de ce gars-là, donnant une conférence de presse juste après avoir tué Bousquet et juste avant que les flics ne viennent l'arrêter. je me souviens de son air satisfait, expliquant tranquillement qu'il avait fait ça uniquement pou faire parler de lui. Déjà, à l'époque, j'avais trouvé ça complémentent con.
Ce spectaculaire abruti tout droit sorti d'un cauchemar comme Debord lui-même n'a jamais osé en faire nous a donc privés d'un procès qui aurait été dix fois plus intéressant que ceux de Papon et Barbie réunis, plus intéressant que ceux de Pétain et Laval, plus inintéressant que Landru et Petiot, le procès du siècle. pour ce scandaleux attentat contre l'Histoire, l'insondable crétin a pris dix ans, il en a fait sept et il est libre aujourd’hui. Je ressens une très grande répulsion et un profond mépris pour quelqu'un comme Bousquet, mais quand je pense à la bêtise de son assassin, à l'immensité de la perte que son geste représente pour les historiens, aux révélations qui n'auraient pas manqué lors du procès et dont il nous a irrémédiablement privés, je me sens subjugué de haine. Il n'a pas tué d’innocents, c'est vrai, mais c'est un fossoyeur de la vérité. Et tout ça pour passer trois minutes à la télé ! Monstrueuse, stupide excroissance warholienne ! Les seuls qui auraient dû avoir un droit de regard moral sur la vie et la mort de cette homme, ce sont ses victimes, les vivants et les morts qui sont tombés dans les griffes nazies par la faute d'hommes comme lui, mais je suis sûr qu'eux le voulaient vivant. Quelle déception a dû être la leur à l'annonce de ce meurtre absurde ! la société qui produit de tels comportements, de tels aliénés, me dégoûte. "Je n'aime pas les gens indifférents à la vérité", à écrit Pasternak. Et pire encore sont les punaises qu'elle indiffère mais qui œuvrent contre elle aussi activement. Tous les secrets que Bousquet à emportés dans sa tombe ... Il faut que j'arrête d'y penser, ça me rend malade. »

« Mais il faut bien reconnaître que, d'un point de vue littéraire, Heydrich est un beau personnage. c'est comme si un docteur Frankenstein romancier avait accouché d'une créature terrifiante à partir des plus grands monstres de la littérature. Sauf qu'Heydrich n'est pas un monstre de papier. »

« Après la guerre, quelqu'un fera ce constat : parmi les quelques dizaines de parachutistes sélectionnés pour être envoyés en mission dans le Protectorat, la quasi-totalité s'était déclarée motivée par un sentiment patriotique. Deux seulement, dont Curda, avaient déclaré s'être portés volontaires par le goût de l'aventure, et ces deux-là on trahi. »

« Je dis qu'inventer un personnage pour comprendre des faits d'histoire, c'est comme maquiller les preuves. Ou plutôt, comme dit mon demi-frère, avec qui je discute de tout cela, introduire des éléments à charge sur les lieux du crime alors que les preuves jonchent le sol... »

« C'est seulement après que les Einsatzgruppen s'occupent de leurs objectifs : les marchands et les notables locaux, alignés à leur tour, fusillés. A partir de là, le travail des Einsatzgruppen, dont le compte rendu détaillé nécessiterait des milliers de pages, pourra se résumer par trois lettres terribles : etc. Jusqu'en URSS, où là-bas, même l'infinie ouverture du et caetera ne suffira plus. »

« Je me souviens d'une interminable digression d'au moins quatre-vingt pages, dans Notre-Dame de Paris, sur le fonctionnement des institutions judiciaires au Moyen Âge. J'avais trouvé ça très fort. Mais j'avais sauté le passage. »

« Le petit Heydrich, bien mignon, bien blond, bon élève, appliqué, aimé de ses parents, violoniste, pianiste, petit chimiste, possède une vois de crécelle qui lui vaut un surnom, le premier d'une longue liste : à l'école, on l'appelle "la chèvre".
C'est l'époque où l'on peut encore se moquer de lui sans risquer la mort. Mais c'est aussi cette période délicate de l'enfance où l'on apprend le ressentiment. »



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LE COIN DES INFOS
HHhH de Laurent Binet
○ Editions Le Livre de Poche, 2011, 448 pages
○ Où le trouver ? AMAZON.

SYNOPSIS
Prague, 1942, opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchèques sont chargés par Londres d'assassiner Reinhard Heydrich, le chef de la Gestapo et des services secrets nazis, le planificateur de la Solution finale, le « bourreau de Prague ». Heydrich, le bras droit d'Himmler. Chez les SS, on dit de lui : « HHhH ». Himmlers Hirn hei t Heydrich le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich. Dans ce livre, les faits relatés comme les personnages sont authentiques. Pourtant, une autre guerre se fait jour, celle que livre la fiction romanesque à la vérité historique. L'auteur doit résister à la tentation de romancer. Il faut bien, cependant, mener l'histoire à son terme...

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mercredi 10 avril 2019

"Alice superbe" de Luce Michel
avril 10, 20190 Comments


Ah l'horoscope ! Que l'on y croit ou pas, qui n'a jamais appréhendé, malgré lui/elle, la journée à venir à la lecture ou à l'écoute de ses prédictions ? Pas Alice en tout cas qui en est fan au point d'en avoir une application dans son smartphone.
Alice, parfait stéréotype de la parisienne parvenue (à mes yeux de Lyonnaise tout du moins). Divorcée, veuve et remariée à des hommes qui l'ont toujours entretenue, mère d'un enfant non désiré auquel elle ne voue pas un amour débordant, Alice cumule les aventures d'une nuit et vit depuis son adolescence un amour passionné mais intermittent avec son ancien surveillant de lycée. Pour lui, elle a déjà tout quitté de sa vie d'avant, Lyon (quelle idée !), sa famille, ses amis, ses études.
ALICE SUPERBE est le récit de ce qui sera le tournant de sa vie, son choix entre la stabilité de son foyer et assumer en pleine lumière son amour pour l'amant de toujours.

Je n'ai malheureusement pas réussi à entrer dans l'univers (les univers ?) d'Alice ni à éprouver une émotion autre pour ce personnage, qui se ment à lui même comme il ment aux autres, que de l'agacement. D'ailleurs je ne me suis sentie liée de quelque façon que ce soit à aucun personnage de ce roman à ma grande déception. Le gros du récit tournant autour des rencontres entre Alice et Simon, l'amant en CDI, les autres personnages de sont que prétextes et manquent de profondeur.
Il faut dire qu'Alice n'est pas la typique trentenaire à laquelle la chick-lit m'a habituée, plus âgée, sans accroche professionnelle ni amoureuse, d'une attitude digne d'une ado en crise, je n'y étais pas préparée.

Une petite déception pour moi qui n'ai pour autant eu aucune mal à finir cette lecture dont la légèreté pourrait bien accompagner votre été.

PS : Amateurs d'horoscopes attention ! Contrairement à ce que laisser penser la quatrième de couverture et certainement le début de mon billet, Alice ne mène pas sa vie en suivant les fameuses prédictions. J'ai d'ailleurs été assez déçue sur ce point. Elle les lit, certes, mais n'en tient généralement pas rigueur. Je ne leur ai d'ailleurs trouvé aucun intérêt dans le déroulé du roman.


○ Remerciements au site internet BABELIO et aux EDITIONS PYGMALION-GERARD WATELET qui m'ont permis de découvrir ALICE SUPERBE. ○ 

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LE COIN DES INFOS
ALICE SUPERBE de Luce Michel
○ Editions Pygmalion-Gérard Watelet, 2018
○ 280 pages - 18.90 EUR
○ Où le trouver ? AMAZON

SYNOPSIS
«Alice est étonnante. Elle a la voix éraillée de ceux qui ont trop fumé. Je trouve que cela a un charme fou, surtout chez quelqu’un qui n’a pas touché une cigarette de toute sa vie. Elle a fait un peu de tout dans le milieu du théâtre, donne des dîners improbables où son mari s’ennuie ferme mais où tous les autres convives boivent trop et parlent fort. Si Sagan était encore parmi nous, elle s’inspirerait d’Alice.»
Lola

Même pour ses amies telle Lola, Alice est un tourbillon. Mais surtout, Alice est fan d’horoscope. Un sale petit secret qu’elle n’assume pas complètement. Selon ce qu’elle lit le matin, elle est capable de chambouler son emploi du temps. Oui, son addiction va loin...
Alors, lorsqu’elle décide de tout changer, agira-t-elle en fonction de la configuration du ciel?


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jeudi 4 avril 2019

"Une rivière verte et silencieuse" de Hubert Mingarelli
avril 04, 20190 Comments

Acheté lors du grand désherbage de la médiathèque de Villeurbanne il y a quelques années, UNE RIVIÈRE VERTE ET SILENCIEUSE était tout d'abord destiné à ma grand-mère, l'ayant principalement choisi pour ses gros caractères et son registre.
Il me semble (pas de ouh! si je me trompe, merci) qu'il s'agit de ce que l'on appelle un romain du terroir ou roman régional, loin de mes habitudes de lectures.

Après lecture par mon aïeul je m'apprêtais à en faire don à une maison de retraite, un hôpital ou à le libérer dans la nature quand je me suis enfin accorder à lui accorder un peu de mon temps. Il est tellement triste qu'un livre soit vendu par une bibliothèque municipale. C'est toujours mieux que de rester dans la réserve, oui, mais le désintéressement des lecteurs pour un livre me peine toujours un peu.

Ni une ni deux, me voilà embarquée avec Primo, fils d'ouvrier a priori orphelin de mère, l'enfant grandit dans une grande précarité.

Primo s'évade en rêvant à cette rivière verte et silencieuse qui a accompagné ses premières années. Quotidiennement il arpente les champs dans un chemin qu'il a lui même tracé au fil des jours, imaginant ce qu'il pourrait s'offrir une fois que les boutures des rosiers de son paternels auraient prises.

Je vous laisse le soin d'imaginer le drame qui se joue le jour où Primo apprend que seules poussent des mauvaises herbes dans les petits godets. Il chercher alors à repousser la fatale annonce qu'il devra faire à son père qui dilapidé pourtant déjà l'argent de la vente des rosiers qu'il n'a pas tandis que l'électricité est toujours coupée dans le foyer faute de paiement.


« Les gens prétendaient que mon père était un raté. Ils omettaient de dire qu'il avait attrapé des truites bleues à la main.
Je fermai les yeux.
Une rivière verte et des truites bleues. »


Étonnant, simple et émouvant, UNE RIVIÈRE VERTE ET SILENCIEUSE mérite d'être lu ne serait ce que pour la quiétude qu'il y règne.

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LE COIN DES INFOS

UNE RIVIÈRE VERTE ET SILENCIEUSE de Hubert Mingarelli
○ Editions Corps 16 . 2000 . 107 pages
○ Où le trouver ? AMAZON.

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lundi 11 mars 2019

Le morceau choisi du lundi #7
mars 11, 20190 Comments


« Imaginez, Marcus, combien coûte un seul emplacement publicitaire dans le métro de New York. Une fortune. On paie beaucoup d'argent pour une affiche dont la durée est limitée et dont le nombre de gens qui la verront est limité aussi : il faut que les gens soient à New York et prennent cette ligné de métro à cet arrêt dans un espace de temps donné. Alors que désormais, il suffit de susciter l’intérêt d'une façon ou d'une autre, de créer le buzz comme on dit, de faire parler de vous, et de compter sur les gens pour parler de vous sur les réseaux sociaux ; vous accédez à un espace publicitaire gratuit et illimité. Des gens à travers le monde entier se chargent, sans même s'en rendre compte, d'assurer votre publicité à une échelle planétaire. N'est-ce pas incroyable ? Les utilisateurs de Facebook sont des hommes-sandwichs qui travaillent gratuitement. Ce serait stupide de ne pas les utiliser.»


LA VÉRITÉ SUR L'AFFAIRE HARRY QUEBERT
Joël Dicker
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dimanche 10 mars 2019

"Le nazi et le psychiatre" de Jack El Haï
mars 10, 20190 Comments


LE NAZI ET LE PSYCHIATRE n'est pas à mes yeux pas le titre approprié pour cet ouvrage. Le Psychiatre du (des?) nazi(s) aurait été plus juste tant on tire sur une biographie du célèbre Douglas Kelley.

Dans LE NAZI ET LE PSYCHIATRE Jack El Haï retrace la parcours du célèbre retrace qui accompagna certains des plus célèbres nazis lors de la préparation du procès de Nuremberg. De sa rencontre avec Hermann Göring jusqu'à son suicide, Douglas Kelley ne cessera d'être fasciné par ces hommes qui ont tristement fait l'Histoire du siècle dernier et plus particulièrement par le Reichsmarschall avec lequel s'instaure une relation basée sur le respect, la confiance et la curiosité de l'autre.

« Göring prétendait être le seul, parmi les détenus de Nuremberg, à avoir tenu tête au Führer. Kelley ne se priva pas de répondre, perfide, que les Américains considéraient tous les dignitaires nazis comme les béni-oui-oui du dictateur. "C'est bien possible, répliqua Göring, mais montrez-moi, s'il vous plaît, un "Monsieur Non", en Allemagne, qui ne soit pas aujourd'hui six pieds sous terre !" »

En ouvrant LE NAZI ET LE PSYCHIATRE ne vous attendez pas à découvrir les secrets nazis, à percer la psychologie des détenus ou la confirmation qu'il existerai un trait si commun à chacun que l'on pourrait prédire tout génocide.
Comme indiqué plus haut, LE NAZI ET LE PSYCHIATRE est réellement le récit (tronqué, trop?) du séjour de Douglas Kelley à Nuremberg, ce qui l'a amené, si jeune, à devenir un grand nom de la psychiatrie et les conséquences qu'auront eu ces confrontation dans sa vie quotidienne et sa perception de l'autre.

Je ne peux que conseiller LE NAZI ET LE PSYCHIATRE aux lecteurs qui ne cherchent pas de l'extraordinaire, du spectaculaire, mais une introduction au travail de Douglas Kelley.


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LE COIN DES INFOS
LE NAZI ET LE PSYCHIATRE de Jack El-Haï
○ Editions France Loisirs
○ Où le trouver ? AMAZON.


SYNOPSIS
Ils n'étaient pas des monstres, mais bien des hommes. Ils n'étaient pas atteints de démence, ils ont perpétré l'horreur en toute conscience. Pour être jugés lors du procès de Nuremberg, ils devaient d'abord être déclarés sains d'esprit. 
Cette analyse revient à Douglas Kelley, jeune psychiatre américain. Parmi les hauts dignitaires nazis, il va longuement s'entretenir avec Hermann Göring. Bien plus longtemps que ne lui impose sa mission. Le mal a cela de terrible qu'il fascine. Et y noyer son regard, c'est lui ouvrir la porte...
L'historien Jack El-Hai s'est plongé dans les archives de ces analyses et entrevues. Une descente captivante dans les abîmes de l'humanité.


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