"La Revanche de la guillotine, L'affaire Carrein" de Luc Briand


Douai, le 23 juin 1977, est exécuté Jérôme Carrein, condamné le 12 juillet 1976 et le 1er février 1977 à la peine capitale pour tentative de viol et assassinat d'une enfant de 8 ans, Cathy. Il sera le dernier guillotiné français.
« Ce n'est pas le procès de Carrein, c'est le procès de la peine de mort. »
Tout en nous exposant la vie de Jérôme Carrein avant son passage à l'acte, les déroulés des enquêtes, les procès, l’incarcération et, enfin, la mise à mort, Luc Briand, magistrat, s'attache à nous en apprendre le contexte tant politique que judiciaire, notamment par de très nombreux parallèles avec le criminel Patrick Henry.

Bien écrit, bien documenté, LA REVANCHE DE LA GUILLOTINE, L'AFFAIRE CARREIN ne pouvait mieux porter son titre. La revanche de cette guillotine qui n'aura pas eu Patrick Henry. Une peine prononcée par une opinion revancharde à l'encontre d'un accusé que le Président Valéry Giscard d'Estaing ne pouvait gracier. Un concours de circonstances où la peine de Jérôme Carrein tient davantage à un malheureux calendrier judiciaire et criminel qu'à une véritable prise en compte du crime, du comportement passé et présent et de la dangerosité du criminel.

Particulièrement adapté aux lecteurs ne s'étant pas (ou peu) intéressés à cette période capitale, véritable tournant de la vie judiciaire française. Grâce aux interventions de Robert Badinter, de Eric Chevalier, fils du bourreau Marcel Chevalier, et de tant d'autres que Luc Briand offre ici une esquisse du monde judiciaire et de la société du milieu des années 70.
« Comment donc, souligner la violence et l'irréversibilité du châtiment suprême pour en détourner les jurés ?Ainsi que relève Claude Imbert dans Le Point du 12 août 1976, les cours d'assises ont parfois tendance à « se défausser » sur le président de la République : « Le droit de grâce, insensiblement, devient le pouvoir solitaire de tuer. Une longue file de Ponce Pilate se lavent les mains, en tapinois, tandis que le président arme la lame oblique du bourreau. »Au cours de chacun des deux procès de Jérôme Carrein, c'est d'ailleurs bien cette stratégie que suivra l'avocat général, qui ne cessera d'affirmer aux jurés que ceux-ci ne sont « pas seuls » à décider de la peine capitale, puisque le dernier mot appartient au président de la République. »

SYNOPSIS

Le 27 octobre 1975, un homme, Jérôme Carrein, tue Cathy Petit, 10 ans, au bord des marais d'Arleux, dans le Nord-Pas-de-Calais. Trois mois plus tard, un autre homme, Patrick Henry, assassine cyniquement Philippe Bertrand, 7 ans. Le second échappera à la guillotine quinze jours avant que le premier soit condamné à mort ; il sera défendu par Robert Badinter et son procès, devenu celui de la peine de mort, tiendra la France en haleine. Jérôme Carrein, lui, n'intéressera personne, sauf des magistrats qui prendront à ses dépens leur revanche sur le procès Henry – la revanche de la guillotine.
Luc Briand revient sur cette affaire, sur Jérôme Carrein que tout le monde a oublié, sur le pays minier qui, déjà, n'était peut-être pas ce que la France voulait voir d'elle-même, sur cette marche vers la mort d'un homme au destin jalonné d'abandons et de fatalité sociale, sur sa quasi-rédemption en prison. Il rencontre tous les personnages de l'affaire, les témoins de sa dernière heure, jusqu'au fils du bourreau qui assistait son père lors de son exécution.
Le dossier Carrein, raconte-t-il, tient en vingt pages, vingt pages qui résument l'intégralité de la vie d'un homme, et ont suffi à décider de sa mort ; vingt pages d'histoire broyée parce que la vie soudain valait moins que les symboles qu'on voulait en tirer.

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LE COIN DES INFOS
LA REVANCHE DE LA GUILLOTINE, L'AFFAIRE CARREIN de Luc Briand
○ Editions Plein Jour, 2018
○ 171 pages - 17 EUR
○ Où le trouver ? Vite vite ! Je me sépare de mon exemplaire dans la rubrique A ADOPTER du blog. Pour les retardataires il y a toujours AMAZON.
○ Remerciements au site internet BABELIO et aux éditions Plein Jour qui m'ont permis de découvrir cette petite merveille.
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