Le pouvoir des livres, ou "84, Charing Cross Road" de Helen Hanff

mai 25, 2017

Ce billet a été écrit cet après-midi, quelques minutes seulement après la lecture de 84, CHARING CROSS ROAD de Helen Hanff. S'il n'a pas été publié de suite c'est que je souhaitais l'illustrer et n'avais plus de batterie pour prendre de photo (les joies des téléphones qui ont des batteries qui tiennent plus de 24 heures et qu'on oublie donc de recharger régulièrement -_-' ).

J'ai souvent du mal à communiquer mon enthousiasme pour les livres que je pourrai lire et relire. Je ne relirai jamais 84, CHARING CROSS ROAD, j'en suis persuadée, et pourtant j'en ressort pleine d'émotions et c'est ce ressenti que je voudrai réussir à partager.


Je pense avoir acheté 84, CHARING CROSS ROAD en même temps que L'AMI RETROUVÉ de Fred Ulhman et AUTOMNE ALLEMAND de Stig Dagerman, il y a quelques années déjà. Je n'avais pas lu le résumé et m'étonne de l'avoir choisi seulement par la couverture.
Je m'attendais à une histoire de contrebande ou de cercle secret dans une Angleterre en pleine guerre contre le nazisme. Que nenni ! (J'utilise beaucoup trop que nenni sur le blog, pardon) 

84, CHARING CROSS ROAD est la retranscription (oui, retranscription, nous y reviendrons) d'échanges épistolaires entre Helen Hanff et diverses autres personnes mais toujours en relation avec la littérature et la situation de la Grande-Bretagne au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Helen Hanff, écrivain en quête de notoriété, est à la recherche d'ouvrages introuvables ou hors de prix dans le New-York où elle vit. Elle tente sa chance auprès d'une librairie britannique à laquelle elle adresse une première commande sans aucune garantie de satisfaction. C'est ainsi que prend naissance une correspondance qui perdurera de nombreuses années entre la lectrice, les libraires et leurs proches. Sans jamais se rencontrer, les différents protagonistes nouent de forts liens de confiance, d'amitié et de tendresse.

« Mon premier script traitera de l'histoire de New York pendant sept années d'occupation britannique. A ce propose, je m’émerveille d'être capable de m'élever au-dessus de tout cela pour vous parler amicalement et sans rancune parce que votre comportement en Amérique, entre 1776 et 1783, a été tout simplement répugnant. »

Je n'apprécie habituellement pas les récits épistolaires (tout comme les récits à deux voix) et n'ai absolument pas apprécié le caractère de Helen Hanff, bien trop brusque pour moi, tandis que Frank, son interlocuteur privilégié, est la parfaite image que je me fais du Britannique, instruit, réservé et pudique (clichés bonjour). Et pourtant ...

Je n'ai pas entièrement lu la postface de Thomas Simmonet tant j'ai été émue. C'est seulement à l'occasion de ses premières lignes que j'ai appris que l'échange était réel, qu'il ne s'agissait pas d'un roman. Étrangement, bien que chacun dévoile assez peu dans les lettres publiées sur sa vie, ses sentiments, ses ressenties, ses envies, je me suis attachées aux protagonistes britanniques au point d'en avoir les yeux mouillés à la lecture de l'avant dernier courrier. En seulement 152 pages composé exclusivement de courts et sobres échanges, j'ai réussi à m'attacher à Frank, à avoir envie de le rencontrer, et à m'émouvoir du drame qui touche sa famille. En 152 pages. Purée. Lisez 84, CHARING CROSS ROAD, ne serait-ce que pour Frank.


-> 84, CHARING CROSS ROAD de Helen Hanff - Éditions Le Livre de poche, 2003 - 156 pages - 5.50 EUR
84, CHARING CROSS ROAD vous tente ? Je me sépare de mon exemplaire, rendez-vous ici.




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