« Au secours, c'est mon dernier pigeon ! »

juillet 01, 2016


Aujourd'hui quelques clichés du Fort de Douamont et du Fort de Vaux. Beaucoup de photos que j'y ai prises sont floues (merci l'humidité), celles qu'il me reste ne sont pas forcément les plus parlantes.

J'ai photographié les fiches qui nous ont accompagnées pour la visite. Les textes en italique ci-dessous en sont extraits.


FORT DE DOUAUMONT





Le 24 octobre 1916, alors que le R.I.C.M. prenait pied sur le Fort de Douaumont, le 321e R.I à sa droite, atteignait la face est de l'ouvrage et le 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs, à sa gauche, pénétrait dans le fossé ouest. Ces trois régiments, ensemble à la peine, partagent maintenant l'honneur de voir inscrit sur leurs drapeaux le nom glorieux : VERDUN-DOUAUMONT.

Le 24 octobre 1916, le Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc renforcé du 43e Bataillon Sénégalais et de deux compagnies de Somalis a enlevé, d'un admirable élan, les premières tranchées allemandes, a progressé ensuite sous l'énergique commandement du lieutenant colonel Régnier, brisant les résistances successives de l'ennemi sur une profondeur de deux kilomètres - a inscrit une page glorieuse à son histoire en s'emparant dans un assaut irrésistible du Fort de Douaumont et en conservant sa conquête malgré les contre-attaques répétées de l'ennemi.
 
Le 24 octobre 1916, la 38e division d'infanterie a eu la gloire et le mérite de reprendre à l’ennemi le Fort de Douaumont. Le RICM, le 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs, le 4e régiment de zouaves, le 8e régiment de tirailleurs tunisiens et le 32e régiment d’artillerie de campagne formant la 38ème DI. Les 133ème et 74ème DI ont glorieusement participé aux combats, notamment les 11ème et 321ème régiment d’infanterie.


Dans la forteresse reposent 679 soldats allemands qui ont perdu la vie dans la nuit du 7 au 8 mai 1916 par l'explosion d'un dépôt de munitions.

[...] l'explosion accidentelle d'un stock d'obus [...] a décimé la garnison allemande le 8 mai 1916 : 1000 à 1200 tués selon les témoignages des prisonniers dont 679 inhumés dans l'enceinte du fort [...]


Citation à l'ordre de l'armée
Capitaine Charles de Gaulle, Commandant la 10ème compagnie du 3ème bataillon du 33ème Régiment d'infanterie
Saillant nord-ouest du village de Douaumont – Le 2 mars 1916 à Douamont, sous un effroyable bombardement, alors que l’ennemi avait passé la ligne et attaquait sa compagnie de toutes parts, a organisé, après un corps à corps farouche, un îlot de résistance, où tous se battirent jusqu'à ce que furent dépensées les munitions, fracassés les fusils et tombés les défenseurs désarmés. Bien que grièvement blessé d'un coup de baïonnette, a continué à être l'âme de la défense jusqu'à ce qu'il tombât inanimé sous l'action des gaz. 2 blessures antérieurs, 2 citations.



Ici reposent les corps des Caporaux-Mitrailleurs du 49 em BCP / ROUZE Achille CI 1912 / TROUILLET Edmond CI 1906 / et des chasseurs mitrailleurs / MAZAUD Philippe CI 1912 / CUELENAERE Henri CI 1909 / LECOMTE Raphaël CI 1914 / HALLYNK Marcel CI 1908 / PRUVOST Pierre CI 1911 / Tués à cet endroit par un obus de 420 le 14 décembre 1916




FORT DE VAUX



La construction de ce fort, le célèbre Fort de Vaux, a commencé en 1881. En 1888, il a été renforcé par une carapace en béton spécial de 2,5m séparée de la maçonnerie par 1m de sable.
[...] Visiteurs, c'est ici que les Français ont donné la définition de l’héroïsme en souffrant de tout, en résistant à tout et à tous, en mourant.
Ne visitez pas, faites un pèlerinage.



Dans ce fort en ruines 250 hommes résistèrent pendant sept jours du 1er au 7 juin 1916 aux assauts furieux des Allemands, aux attaques par gaz et liquides enflammés, aux tortures de la soif. La garnison était constituée par des éléments des unités suivantes : 6e et 7e Cies du 142e R.I., les 3emes Cie de mitrailleurs du 142e et 53e R.I. Détachements du Génie Sapeurs du 2e Régiment et 9eme Remt. Détachements d'artillerie du 5e R.A.P. et 6e R.A. Poste de secours du 101e R.I. 

Aux conditions suivantes : Avec les honneurs de la guerre. Traitements avec égards. Faculté laissée aux Officiers d'emmener leur ordonnance. Objets personnels laissés aux possesseurs. Je remets les locaux et parties d'ouvrage encore en mon pouvoir dans le FORT DE VAUX aux troupes allemandes. Fort de Vaux le 7 juin 1916. Le Chef de Bataillon Commandant le Fort : RAYNAL


De ce Fort est parti pendant la bataille de Verdun, le 4 Juin 1916 le dernier pigeon voyageur du Commandant Raynal portant le message suivant : « Nous tenons toujours mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuse. Il y a urgence à nous dégager. Faites-nous donner de suite communication optique par Souville qui ne répond pas à nos appels. C'est mon dernier pigeon. »
Le pigeon accomplit sa mission et a obtenu la citation suivante : « Malgré des difficultés énormes dues tant d'une intense fumée et d'une émission abondante de gaz, accomplit la mission dont l'avait chargé le Commandant Raynal. Unique moyen de communication de l'héroïque défenseur de Vaux, a transmis les derniers renseignements qui aient été reçus de cet officier. Fortement intoxiqué, est arrivé mourant au colombier. »


Le commandant Raynal, au fort, depuis le 24 mai, le rendit aux allemands le 7 juin à 6 heures du matin. Les Allemands rendirent les honneurs aux soldats français survivants. Le Kronprinz, chef de l'armée allemande à Verdun, remit au commandant Raynal un sabre d'honneur quelques jours plus tard à Stenay.


Le 26 février 1916, le Général Pétain prend la situation en mains et redonne à ce fort son rôle initial en le faisant réoccuper par une garnison normale et réarmer au mieux. Le fort avait déjà souffert. Des obus avaient coupé les communications et provoqué des fissures dans les citernes à eau. C'est avec des mitrailleuses remplaçant les canons de 75 des casemates de Bourges que le fort de Vaux devait soutenir la lutte contre les assauts allemands de juin 1916. Le 1er juin, le fort est pris à partie, l'étau se resserre. Peu à peu, malgré tout le sang français versé, les Allemands occupent les contreforts et les issues sont défendues avec la plus grande énergie.


L 'eau est rare, gaz, fumées, lance-flammes, tirs de mitrailleuses, des camarades morts ou blessés à leurs côtés, voilà dans quelle atmosphère évoluent les héros. Attaques, contre-attaques, sorties dans les lignes, infiltrations allemandes dans les issues du fort, le fort tient … parce que chacun tient sa place coûte que coûte. Les Français ne reculent pas et pourtant les Allemands progressent de cinq mètres par jour. Cela dure 6 jours et 7 nuits ; 6 jours et 7 nuits de lutte pour être capturés par les Allemands.


Poste de secours prévu pour six brancards, il y avait 78 blessés le 7 juin.


Après plusieurs commandants français, un Allemand a occupé cette chambre jusqu'au 2 novembre 1916. Ce jour là, le fort est redevenu français et l'est resté jusqu'à la fin de la guerre.


Le chlorure de chaux était là comme désinfectant pour les WC. On s'en servit, faute de sépulture pour brûler les morts.


Le 4 juin, le commandant Raynal envoya le dernier pigeon voyageur avec un message demandant des renforts. Ce pigeon (Le Vaillant) mourut en arrivant à la Citadelle de Verdun, blessé et gazé.

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Avant de visiter ces forts je ne peux que vous conseiller de bien vous chausser. Sur la photo ci-dessous on voit un peu du sol (et votre hôte qui a eu la très bonne idée de porter des chaussures en toile), il est humide au point que dans le fort de Douaumont nous avons été contraints de marcher dans des flaques qui occupaient presque des salles entières. Nous avons fait notre visite en juin mais il y faisait très frais, le pull est de rigueur. Enfin, aux personnes qui ont des soucis pulmonaires (moi) prenez bien vos médicaments avant parce que quand je vous dit que c'est humide ...



Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir la fin de cette journée.



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