Quand Vanessa Lafaye nous plonge dans la Floride raciste des années 1930, ou "Dans la chaleur de l'été".

juin 07, 2016




La terrible Première Guerre mondiale ayant prit fin, les soldats étasuniens sont de retour au pays plein d'espoirs. Ils ont découvert, en France, une société où la ségrégation raciale n'existe pas. Passée l'euphorie de la victoire les habitudes discriminatoires reprennent place et la petite ville de Heron Key ne fait pas exception. Quand les habitants voient s'installer un camp de vétérans alcoolisés employés à la construction d'un pont, les tensions sont exacerbées et l'agression d'une riche Blanche n'arrange rien. Alors que règne un climat délétère se prépare un ouragan que seul l'épicier et un vieux marginal prennent au sérieux.
Inspiré d'une histoire vraie, DANS LA CHALEUR DE L'ÉTÉ est un aperçu de la ségrégation raciale qui faisait encore loi aux États-Unis au siècle dernier. 

« Henry n'avait pas seulement l'air vieilli, ça, elle s'y attendait, mais plus grave, il avait la même tête que Doc Williams à son retour de la guerre. Ses yeux étaient cernés de profondes meurtrissures bouffies qui ne partaient pas, même au soleil de Floride et après des années de nourriture maison. On aurait dit que les soldats étaient tatouées de l'intérieur par tout ce qu'ils avaient vu. Il fallait bien que ça sorte, et ça sortait par les yeux. »

Je n'ai que peu lu de romans historiques. Au cours des dix dernières années je n'en ai d'ailleurs lu qu'un seul, LA CHAMBRE DES OFFICIERS où Marc Dugain s'attache davantage à l'aspect historique qu'à la romance. DANS LA CHALEUR DE L'ÉTÉ est bien différent et la romance prend largement le pas sur l'historique. On découvre la vie des noirs américains de Floride principalement par le quotidien de Missy, jeune employée de maison, et de ses proches et employeurs. Leurs histoires personnelles, d'amour principalement, rythment le roman.
Malgré plusieurs évocations de la vétusté du camp où vivent les vétérans Vanessa Lafaye ne développe pas leur situation et leur présence est réellement reléguée au second plan. Seul Henry, originaire de la région et proche de Missy, trouve voix au chapitre.
Le récit m'a laissée sans réelle émotion jusqu'à l'arrivée de l'ouragan, soit les derniers chapitres, pour que transparaisse réellement la détresse des afro-américains, à qui les Blancs refusent la protection de l'abri anti tempête pourtant destiné à la collectivité, et l'abandon des vétérans que l'État refuse d'évacuer.
Je peine ici à voir le réel intérêt historique, la ségrégation est bien présente mais il n'y a que peu de passages concernant le désintérêt du gouvernement du cas de ses anciens combattants.

À mon grand regret DANS LA CHALEUR DE L'ÉTÉ est pour moi une petite déception, un roman historique trop romancé. 



-> DANS LA CHALEUR DE L’ÉTÉ, de Vanessa Lafaye - Éditions Belfond, 2016 - 384 pages - 21.50
DANS LA CHALEUR DE L’ÉTÉ vous tente ? Je me sépare de mon exemplaire, rendez-vous ici.

--- PARTENARIAT AVEC LES ÉDITIONS BELFOND ET LA BIBLIOTHÈQUE COMMUNAUTAIRE BABELIO QUE JE REMERCIE ---




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