Le tragique destin de la famille Moscovici, ou "910 jours à Auschwitz".

juin 14, 2016




« 15 juillet 1942, dernier jour où j'ai vu mon père. Il avait 33 ans, moi presque 6. »

Des six membres de la famille Moscovici déportés, Lazar est le seul survivant. Après plus de 900 jours de captivité ce médecin juif ressent le besoin de poser son histoire sur papier, de rapporter l'horreur du camp d'extermination. Tantôt affecté aux bêtes besognes, tantôt infirmier, sans oublier un rapide passage parmi les Sonderkommando, Lazar a été témoin de différentes organisations au sein du camp, ce qui fait de lui une clef dans la compréhension du terrible mécanisme de la politique d'extermination.

« Les déportés n'ayant pas d'autre identité que celle du numéro, les secrétaires de bloc donnaient parfois involontairement comme disparu ou mort, le matricule d'un vivant. Pour régulariser la situation, les chefs de bloc se chargeaient de corriger ces erreurs en supprimant physiquement ce dernier par les moyens habituels. »

910 JOURS À AUSCHWITZ ne m'a pas laissé l'impression que j'en attendais.
Le témoignage est extrêmement succinct. Lazar Moscovici semble ne souhaiter évoquer que ses différentes affectations, sans réellement expliquer ses mutations ou sa vie au sein de l'infirmerie par exemple. Il n'y a pas un mot sur son ralliement clandestin à une organisation résistante de déportés à Ebensee. Sans tomber dans le voyeurisme malsain, 910 JOURS À AUSCHWITZ ne demandait qu'à être plus complet.
Malheureusement les trop nombreuses notes de Michel Laffitte gâchent la lecture, il y en a presque une par page. Elles ne complètent pas réellement les propos de Lazar Moscovici mais apportent des précisions biographiques sur certains responsables nazis par exemple ce qui casse rapidement le rythme du témoignage.

Ce témoignage, accompagné de celui d'André Lettich, était déjà paru aux Éditions du Retour en 2009 sous le titre 1942 CONVOI N°8. Ce nouvel ouvrage proposait, en plus des notes de Michel Laffitte, quelques reproductions couleurs de documents qui malheureusement sont parfois peu lisibles.

Rendez-vous dans quelques jours avec VILLEURBANNE, LA RAFLE, 01 MARS 1945 de Hubert Jannon, un véritable livre-enquête.



-> 910 JOURS A AUSCHWITZ, de Lazar Moscovici et Michel Laffitte - Éditions du Retour, 2016 - 93 pages - 16

--- PARTENARIAT AVEC LES ÉDITIONS DU RETOUR ET LA BIBLIOTHÈQUE COMMUNAUTAIRE BABELIO QUE JE REMERCIE ---




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